Retour affectif et libre arbitre : réalignement, pas contrainte
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Amour & Couple

Retour affectif et libre arbitre : réalignement, pas contrainte

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

« Je veux qu’elle revienne, quoi qu’il en coûte. » C’est dit avec la voix de quelqu’un qui n’a pas dormi. Je l’entends chaque semaine, et c’est précisément la phrase qui m’oblige à ralentir.

Le retour affectif, dans la tradition, n’est pas un outil de contrainte. Ce n’est pas un principe moral que j’ajoute par prudence : c’est une limite du travail lui-même. On peut dénouer ce qui empêche un lien de respirer. On ne peut pas fabriquer une décision dans la tête de quelqu’un d’autre.

Ce que le Fa autorise et ce qu’il bloque

À la consultation qui précède tout rituel, il arrive que la réponse soit non. Pas « pas maintenant » : non.

Ça surprend les gens, parce qu’on imagine l’officiant comme un exécutant. Le signe obtenu peut désigner un chemin qui ne passe pas par cette personne. Il peut désigner un engagement à régler ailleurs, dans la famille, avant toute question de couple. Il peut aussi dire que la relation était le problème, pas la rupture.

Je ne passe pas outre. Un bokonon qui contourne le signe pour satisfaire une commande n’est plus un bokonon, c’est un vendeur.

Distinguer l’amour du manque

C’est la partie de mon travail qui ressemble le moins à ce qu’on imagine du vodoun.

Beaucoup de gens qui viennent pour un retour affectif ne veulent pas cette personne. Ils veulent que la douleur s’arrête. Les deux se ressemblent énormément de l’intérieur, et le manque parle beaucoup plus fort que l’attachement.

Une question suffit souvent à faire la différence : si demain elle revenait exactement comme elle était, avec exactement ce qui vous a fait mal, est-ce que vous voudriez encore ? Le silence qui suit cette question m’a plus appris que bien des consultations.

Quand c’est le manque, le travail change de nature. On ne travaille pas sur le lien, on travaille sur la personne qui est devant moi.

Les cas où je refuse

Quand la relation comportait de la violence. Je ne remets pas quelqu’un sur le chemin de ce qui l’a abîmé, même s’il me le demande, même s’il insiste.

Quand la personne visée est engagée ailleurs et a été claire. La clarté d’un refus fait partie de ce que je respecte.

Quand la demande vise à contraindre plutôt qu’à réparer. La formulation trahit toujours l’intention : « qu’elle ne puisse pas vivre sans moi » n’est pas une demande de réconciliation.

Quand la consultation désigne autre chose. Cela renvoie parfois à un travail de purification, parfois à une protection, parfois à rien du tout.

Ce que « réalignement » veut dire concrètement

Retirer ce qui brouille : le ressentiment installé, les paroles qui tournent en boucle, l’interférence extérieure quand il y en a. Rétablir la circulation entre deux personnes qui ne s’entendent plus, au sens propre.

Ce que ça donne ensuite ne m’appartient pas. Il arrive que le couple se reforme. Il arrive que les deux se parlent enfin correctement et décident de se séparer proprement, ce qui est aussi un résultat. Et il arrive que la personne qui est venue me voir se rende compte, trois semaines plus tard, qu’elle n’y pense plus.

J’ai vu les trois. Aucun ne me paraît être un échec.

L’acceptation n’est pas une défaite

Il y a une idée tenace selon laquelle renoncer serait manquer de foi. C’est l’inverse. Rester accroché à un lien que le Fa désigne comme terminé, c’est refuser ce qui est dit.

La tradition a des travaux pour cela aussi : dénouer un attachement, rendre à quelqu’un sa place, reprendre la sienne. Ce sont des demandes que je reçois moins souvent, et pourtant ce sont celles dont les gens me reparlent des années après.

Questions fréquentes

Un praticien qui accepte tout de suite, c’est bon signe ? Non. C’est le signe qu’il n’a pas consulté, ou qu’il passe outre.

Peut-on faire un retour affectif sur quelqu’un qui est en couple ? Je ne le fais pas.

Est-ce que refuser veut dire que mon cas est perdu ? Non. Cela veut dire que le chemin proposé n’est pas le bon. La consultation en désigne souvent un autre.

Quels bienfaits si le retour n’a pas lieu ? Ils existent, et ils sont réels. J’en parle dans les bienfaits spirituels du retour affectif.

Comment se passe le rituel quand il est autorisé ? Le déroulement est décrit étape par étape ici.

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Commentaires

1 commentaire

Photo de LALO Yasmine
LALO Yasmine
Article très intéressant sur les relations et l’accompagnement spirituel. J’ai apprécié l’importance donnée au respect et au libre arbitre.

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