Amour & Couple
Reconnaître une relation qui vous abîme
Da Hyppolite GLÉLÉ
Certaines personnes viennent me voir pour “sauver” une relation qui, en réalité, les détruit. Ce n’est pas facile à voir de l’intérieur. Voici quelques repères.
Les signes
L’isolement. Vous voyez de moins en moins vos proches. Il y a toujours une raison, et au bout de deux ans vous n’avez plus personne à qui parler.
Le contrôle. On vérifie votre téléphone, on décide de vos sorties, on exige des comptes sur votre argent, on vous dit comment vous habiller.
La dévalorisation. Des remarques constantes sur votre apparence, votre intelligence, votre famille. Souvent présentées comme de l’humour ou de la franchise.
L’alternance. Des périodes très dures suivies de périodes très douces. C’est ce mécanisme qui crée l’attachement le plus fort et le plus difficile à rompre.
La peur. Vous mesurez vos mots, vous anticipez les réactions, vous marchez sur des œufs.
La culpabilité permanente. Tout est de votre faute, y compris ce que l’autre fait.
L’usure physique. Vous ne dormez plus, vous maigrissez ou vous grossissez, vous êtes malade plus souvent.
Ce qui rend difficile de partir
Ce n’est pas de la faiblesse, et il faut le dire clairement.
L’alternance crée un attachement puissant, documenté. L’isolement a supprimé les appuis. La dépendance matérielle — logement, papiers, argent, enfants — ferme les portes. La honte empêche de parler. Et l’espoir que “cela va changer” est entretenu par chaque période de calme.
À cela s’ajoute, dans notre contexte, la pression familiale et sociale à faire tenir un mariage.
La violence
Quand il y a violence physique ou sexuelle, il n’y a plus de question à se poser sur la relation : il y a une question de sécurité.
Ce qu’il faut : mettre en sécurité la personne et les enfants, en parler à quelqu’un de confiance, et engager les recours nécessaires.
Il n’y a pas de médiation possible dans une situation de violence. On ne renvoie pas quelqu’un négocier avec la personne qui le frappe.
Ce que je réponds à ces demandes
Quand quelqu’un me demande un travail pour retenir ou ramener une personne qui le maltraite, je ne le fais pas.
Ce n’est pas de la rigidité : c’est que la demande, telle qu’elle est formulée, va contre l’intérêt de la personne qui la formule.
Ce que je peux examiner, c’est votre position : ce que vous vivez, ce qui vous retient, ce que vous pouvez faire.
Ce qui aide
Rétablir des liens. Un appel, une visite, une conversation avec quelqu’un d’extérieur. C’est le premier pas et c’est le plus efficace.
Nommer les faits. Écrire ce qui se passe, avec des dates. Cela contre le doute que l’isolement installe.
Préparer. Documents, argent, un endroit où aller, une personne prévenue.
Chercher un appui professionnel. Un soignant, un service d’aide, une association. Ces situations sont connues et il existe des accompagnements.
Ce que je veux dire à ceux qui lisent cela
Si vous vous reconnaissez, vous n’êtes pas responsable de ce que l’autre vous fait, et vous n’avez pas à réparer cela seul.
Parlez-en à quelqu’un. C’est la seule chose que je demande. Le reste vient après.
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