Se séparer avec dignité : ce que la tradition recommande
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Amour & Couple

Se séparer avec dignité : ce que la tradition recommande

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Se séparer avec dignité : ce que la tradition recommande

Une séparation mal conduite laisse des dégâts qui durent des années — entre les personnes, entre les familles, et pour les enfants. La tradition a des choses à dire là-dessus, et elles sont utiles.

Dire avant de partir

La première règle est de ne pas disparaître.

Une rupture annoncée, même mal, vaut mieux qu’un départ sans explication. Ce dernier laisse l’autre dans une incompréhension qui peut durer des années et qui empoisonne tout.

Cela vaut aussi pour les familles : dans un mariage coutumier, deux lignées se sont engagées. Elles doivent être informées, et pas par la rumeur.

Passer par les familles

C’est ce que la tradition prévoit.

Une séparation dans un mariage coutumier se signifie aux familles, qui interviennent souvent comme médiatrices. Cela ralentit le processus — c’est parfois reproché — et cela permet aussi de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une crise passagère.

Quand la séparation est décidée, l’intervention des familles règle ce qui doit l’être : ce qui a été versé, ce qui revient à qui, comment on procède.

Régler ce qui est dû

C’est le point le plus concret et le plus source de conflits.

Ce qui a été versé lors du mariage, les biens acquis ensemble, les dettes contractées, ce qui appartient à chacun.

La tradition considère qu’une séparation où quelque chose reste ouvert n’est pas achevée. C’est aussi la réalité juridique et pratique.

Faites-le par écrit quand c’est possible, et devant témoins.

Les enfants

Ils ne sont pas partie prenante à la séparation.

Ce que je répète systématiquement : ne pas les prendre comme messagers, ne pas parler mal de l’autre parent devant eux, ne pas couper leurs liens avec la famille de l’autre.

La séparation met fin à un couple, pas à une parentalité. Et les grands-parents de l’autre côté restent leurs grands-parents.

Ne pas répandre

La tradition insiste sur la discrétion, et c’est particulièrement pertinent ici.

Étaler les torts de l’autre, publier, faire circuler des informations intimes : cela soulage sur le moment et cela rend impossible tout arrangement ultérieur — y compris sur les enfants et les biens.

Cela vous nuit aussi, plus qu’on ne le croit.

Ce que la clôture apporte

Les traditions prévoient des gestes marquant la fin : purification, séparation propre, retour à un état antérieur.

Leur fonction est réelle : ils disent que c’est terminé. Beaucoup de personnes restent dans un entre-deux interminable précisément parce que rien n’a marqué la fin.

Les situations où rien de tout cela ne s’applique

Il faut le dire nettement.

En cas de violences, la priorité absolue est la mise en sécurité. On ne médie pas une situation de violence, on ne demande pas à la personne de rester le temps que les familles s’accordent, et on ne la renvoie pas vers son conjoint.

Dans ce cas, il faut partir, chercher un appui, et engager les recours nécessaires.

Ce que je conseille

Dites-le. Prévenez les familles. Réglez ce qui est dû, par écrit. Protégez les enfants. Ne répandez rien. Et marquez la fin, d’une manière ou d’une autre.

Une séparation bien conduite ne fait pas moins mal. Elle laisse simplement beaucoup moins de dégâts derrière elle.

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