Divination & Guidance Spirituelle
Divination vodoun : le premier pas avant tout rituel
Da Hyppolite GLÉLÉ
Personne ne repart de chez moi avec un rituel le jour de sa première visite. On s’assoit, on consulte, et c’est la consultation qui dit ce qu’il faut faire. Parfois elle dit qu’il ne faut rien faire.
Ça déçoit. Les gens arrivent avec la solution déjà choisie : « il me faut une protection », « je veux un travail pour que ma femme revienne ». Ils viennent chercher une exécution, pas un diagnostic. Je comprends l’impatience quand la situation dure depuis des mois. Mais l’ordre des choses n’est pas une politesse qu’on peut sauter : c’est ce qui décide si le travail tiendra ou non.
Ce que la consultation détermine
Une consultation de Fa n’est pas une séance de prédiction. Elle répond à quatre questions, et sans ces réponses un rituel n’a pas de forme.
D’où vient le blocage. La demande énoncée et la cause réelle coïncident rarement. Quelqu’un vient pour des difficultés d’argent, et le Fa parle d’un engagement familial non tenu deux générations plus haut. Tant qu’on traite le symptôme, il revient.
Quel vodoun est concerné. Sakpata, Hêviosso, Dan, Legba n’ont ni le même domaine ni les mêmes exigences. J’ai détaillé qui est qui dans le panthéon vodoun. Se tromper d’interlocuteur, c’est frapper à une porte derrière laquelle il n’y a personne.
Quelle offrande, et à quel moment. Le contenu et la date font partie de la prescription, pas du décor. Un travail juste conduit au mauvais moment ne prend pas.
S’il faut agir du tout. C’est la réponse qu’on oublie de mentionner. Il arrive que le Fa dise d’attendre. Il arrive aussi qu’il dise que l’affaire n’est pas spirituelle, et dans ce cas je le dis : il faut un médecin, un avocat, un médiateur familial. J’ai écrit ailleurs sur ce que la guérison spirituelle ne remplace pas.
Comment on lit
Le Fa est le système principal. Le bokonon jette les noix de palme ou la chaîne divinatoire, obtient un signe parmi les 256, et lit ce que ce signe raconte de la situation. C’est une grammaire, pas une intuition : le même signe dit la même chose à Cotonou et à Abomey. J’ai décrit les 16 dou et le rôle du bokonon en détail.
À côté du Fa il y a les cauris jetés sur une natte, la lecture de l’eau et du sable, l’interprétation des rêves. Ce sont des formes différentes, avec leurs supports propres, et elles ne se valent pas selon ce qu’on cherche à savoir. Le Fa sert à décider. Les cauris répondent bien à une question fermée et urgente.
Un mot sur les origines, parce que la confusion est partout : le Fa vient du Ifa yoruba, adopté par les Fon. Orunmila, Orisha, Opèlè appartiennent au vocabulaire yoruba. Chez nous on parle de Fa, de dou, de bokonon, de kpolí. Les deux traditions sont parentes et distinctes, comme le vodoun béninois et le vodou haïtien.
Ce qui se passe quand on saute l’étape
Le cas le plus fréquent n’est pas dramatique, il est décevant : rien ne bouge. La personne a payé, a suivi les gestes, et six mois plus tard elle revient avec le même problème. On a fait une offrande d’eau là où il fallait une offrande de terre. L’énergie est allée quelque part, mais pas là où le nœud se trouvait.
Le cas plus lourd, c’est l’aggravation. Réveiller une force sans mandat, c’est déplacer un poids sans savoir ce qu’il retient. J’ai vu des situations familiales devenir franchement plus difficiles après un travail entrepris à l’aveugle, chez quelqu’un qui n’avait pas consulté.
Le signe qui doit vous alerter
Un officiant qui accepte votre commande telle quelle, sans consulter, sans discuter, sans jamais vous contredire, ne vous vend pas un travail spirituel. Il vous vend un produit dont vous avez rédigé vous-même la fiche.
Un bokonon vous contredit. C’est son métier. S’il vous dit toujours oui, demandez-vous ce qu’il regarde.
Questions fréquentes
La consultation est-elle payante même si aucun rituel ne suit ? Oui. C’est un travail à part entière, et il arrive souvent qu’il se termine là. Un praticien qui offre la consultation à condition que vous achetiez le rituel ensuite a un intérêt à trouver un problème.
Peut-on consulter sans se déplacer ? Oui, et cela ne change pas la lecture. Le déroulement d’une consultation à distance est décrit ici.
Combien de temps faut-il ? Compter une heure pour une consultation sérieuse. Ce qui prend du temps, ce n’est pas le jet, c’est ce qu’on en tire et les questions qu’il ouvre.
Peut-on consulter pour quelqu’un d’autre ? Pour un enfant ou une personne dépendante, oui. Pour un adulte qui n’a rien demandé, non. Le Fa ne travaille pas sur les gens à leur insu.
Est-ce compatible avec ma religion ? La question revient tout le temps, et la réponse est ici.