Amour & Couple
Vivre sous le même toit que la belle-famille
Da Hyppolite GLÉLÉ
La cohabitation avec la belle-famille est extrêmement répandue au Bénin, pour des raisons économiques autant que culturelles. Elle est aussi l une des premières sources de tension dans les jeunes couples.
Pourquoi cela coince
Les difficultés reviennent avec régularité.
L absence d espace propre. Un couple qui ne peut jamais parler seul ne règle rien.
La double autorité. La jeune épouse reçoit des instructions de son mari et de sa belle-mère, parfois contradictoires.
La charge domestique. Elle repose souvent entièrement sur la nouvelle arrivante, en plus de son travail.
Les comparaisons. Avec une coépouse, avec une autre belle-fille, avec la manière de faire de la maison.
L argent. Ce que le couple donne à la maison, ce qu il garde, qui décide.
Les rapports. Ce qui se dit au mari sur son épouse en son absence, et inversement.
Ce que la tradition prévoit réellement
Il est utile de le rappeler, car la coutume est souvent invoquée pour justifier ce qu elle n impose pas.
Une belle-fille doit le respect, la salutation, la participation à la vie de la maison.
Mais la maison lui doit aussi quelque chose : la protection, une place reconnue, un traitement décent, et l intégration à la famille.
La tradition n autorise pas à traiter une belle-fille en domestique, à la priver de nourriture, à l humilier, ou à la couper de sa propre famille.
Elle prévoit d ailleurs des recours : la famille d origine, les aînés, l oncle maternel. Une belle-fille maltraitée peut faire intervenir sa maison, et c est prévu.
Le rôle du mari
C est le point décisif, et c est là que se joue la plupart des situations.
Un mari qui laisse sa mère et son épouse s affronter sans jamais se positionner garantit le conflit.
Ce qui fonctionne : parler à sa mère seul, en respectant les formes, pour poser ce qui doit l être ; parler à son épouse seul, pour entendre ce qu elle vit ; et ne jamais reprendre l une devant l autre.
Il ne s agit pas de choisir un camp. Il s agit d assumer une position, ce que beaucoup évitent par peur de manquer de respect à leur mère.
Les règles qui apaisent
Quelques dispositions font une différence considérable.
Un espace privé, même minimal, où le couple peut parler.
Une contribution claire et connue à la maison, décidée une fois, plutôt que des demandes répétées.
Une répartition explicite des tâches, énoncée devant tous.
Des visites régulières à la famille d origine de l épouse, ce qui la maintient reliée.
Une règle sur les rapports : ce qui concerne le couple se règle dans le couple.
Un horizon. Si l installation ailleurs est le projet, dire quand et à quelles conditions change la manière de vivre l attente.
Quand faire intervenir un tiers
Tôt, plutôt que tard.
Un aîné respecté des deux familles, une tante, un oncle maternel : la tradition dispose de ces figures précisément pour ces situations.
Une médiation demandée au bout de six mois de tension règle ce qu une médiation demandée après cinq ans ne réglera plus.
La limite
Il faut la nommer.
Les humiliations répétées, les privations, les accusations — de sorcellerie, de stérilité, de vol —, l interdiction de voir sa famille, les violences : ce ne sont pas des tensions de cohabitation.
Dans ces cas, la famille d origine doit être informée et intervenir, et la protection prime sur l harmonie apparente.
Une belle-fille n a pas à endurer cela au nom de la coutume.
Pour une médiation familiale : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
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