Protéger les personnes âgées : usages et réalités
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Protection & Purification

Protéger les personnes âgées : usages et réalités

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Protéger les personnes âgées : usages et réalités

Dans la société béninoise, l aîné occupe une place centrale. Il porte la mémoire, il bénit, il arbitre. Cette position s accompagne d un devoir de protection que la tradition rappelle constamment. Mais entre les usages hérités et la réalité vécue par beaucoup de personnes âgées aujourd hui, l écart s est creusé.

Ce que la tradition prescrit

La règle est simple et exigeante : un aîné ne doit manquer de rien tant que sa descendance a quelque chose. Nourriture, logement, soins, présence. Le déshonneur, dans les familles béninoises anciennes, ne touchait pas la personne âgée mais ceux qui l avaient négligée.

Cette obligation reposait sur une organisation : la famille élargie, la concession partagée, la proximité géographique. L aîné vivait au milieu des siens, entouré d enfants et de petits-enfants qui se relayaient naturellement.

Les gestes de protection

À cela s ajoutaient des pratiques spécifiques. On demande la bénédiction de l aîné avant un voyage, un mariage, un examen. On lui apporte les premiers fruits, la part d honneur lors des fêtes. On évite de lui annoncer brutalement une mauvaise nouvelle, on passe par un intermédiaire.

Certaines familles pratiquent des rites de longévité : offrandes aux ancêtres pour la santé de l aîné, bains de plantes, paroles prononcées par un praticien. Ces gestes ont un sens réel : ils mobilisent la famille autour de la personne âgée et lui signifient qu elle compte.

Il faut cependant les situer à leur place. Ils accompagnent le soin, ils ne le remplacent pas. Une personne âgée hypertendue, diabétique ou souffrant de troubles cognitifs a besoin d un suivi médical régulier. Aucun rite ne s y substitue.

Les fragilités actuelles

L exode vers les villes, la migration, la réduction des ménages ont laissé de nombreux aînés seuls dans les villages. Les transferts d argent existent, mais ils ne remplacent pas une présence quotidienne. Une personne âgée isolée mange moins bien, se soigne moins, tombe plus souvent.

Une autre réalité, plus douloureuse, mérite d être nommée sans détour : les accusations de sorcellerie visant des personnes âgées. Elles frappent surtout des femmes veuves, sans soutien, parfois lorsqu un héritage est en jeu. Ces accusations conduisent à des mises à l écart, des expulsions, parfois des violences.

La tradition béninoise authentique ne cautionne pas cela. Les autorités coutumières sérieuses et les couvents s y opposent, comme la loi béninoise qui protège les personnes contre ces atteintes. Quand une accusation surgit dans une famille, il faut la traiter comme ce qu elle est le plus souvent : un conflit d intérêts déguisé en affaire spirituelle.

Ce qui protège réellement

La protection la plus efficace d une personne âgée tient à des choses concrètes.

La présence. Passer, appeler, faire passer les enfants. L isolement est le premier facteur de vulnérabilité.

La sécurité matérielle. Un logement sain, des repas réguliers, l accès aux médicaments. Beaucoup de familles organisent une rotation de contributions entre frères et sœurs.

Le suivi de santé. Vue, audition, tension, diabète, mobilité. Une chute chez une personne âgée change une trajectoire de vie.

La clarté sur les biens. Beaucoup de conflits qui empoisonnent la fin de vie d un aîné viennent de successions non préparées. En parler tôt, devant témoins, évite des drames.

La parole reconnue. Continuer à consulter l aîné, à lui demander son avis, à l associer aux décisions. Une personne à qui l on ne demande plus rien s éteint plus vite.

Le rôle du praticien

Un praticien traditionnel consulté au sujet d un aîné a un rôle précis : rappeler les devoirs de la famille, aider à réparer des tensions, accompagner spirituellement. Il doit orienter vers le centre de santé dès qu il y a un signe de gravité et refuser toute démarche fondée sur une accusation contre la personne âgée elle-même.

Une valeur à transmettre

Le respect des aînés est souvent cité comme l une des forces des sociétés africaines. Il ne se maintiendra pas tout seul. Il se transmet par l exemple : les enfants qui voient leurs parents s occuper des grands-parents apprennent ce qu ils feront à leur tour.

C est peut-être la meilleure protection que l on puisse offrir à un aîné : lui montrer que la chaîne tient.

Pour un accompagnement familial respectueux : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.

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