Bijoux, perles et parures : entre ornement et protection
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Bijoux, perles et parures : entre ornement et protection

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Bijoux, perles et parures : entre ornement et protection

Au Bénin, une parure n est presque jamais un simple ornement. Les perles portées à la taille, au cou ou au poignet, les bracelets de cuivre, les cauris cousus sur un tissu, les cordons noués à la cheville : chacun de ces objets porte une information sur celui qui le porte. Comprendre ce langage évite bien des malentendus.

Un vêtement qui parle

Dans les sociétés fon, yoruba, adja ou bariba, la parure signale un statut, une appartenance, une étape de vie. Les perles de taille d une jeune femme n ont pas la même signification que celles d une femme mariée. Les colliers d un initié indiquent le culte auquel il est rattaché, parfois son rang. Certaines couleurs sont associées à des divinités précises et ne se portent pas à la légère.

Les cauris ont une histoire particulière : longtemps monnaie dans le golfe du Bénin, ils ont conservé une charge symbolique de richesse et de circulation. On les retrouve dans la divination comme dans les parures.

La dimension protectrice

Certaines parures sont explicitement protectrices. Un cordon noué au poignet d un nouveau-né, un bracelet remis après une maladie, une perle donnée par un aîné au moment d un départ. Ces objets sont préparés avec des paroles et parfois des plantes, et ils sont remis dans un cadre précis.

Il faut être exact sur ce qui agit ici. Ces objets n ont pas de pouvoir mécanique. Leur efficacité, quand on l observe honnêtement, tient à ce qu ils représentent : le lien avec la famille, la mémoire d une parole donnée, la confiance retrouvée après une épreuve. Un enfant qui porte le cordon de sa grand-mère porte l attention de sa grand-mère. C est déjà beaucoup.

Les anciens le disent d ailleurs eux-mêmes : l objet ne fait rien si la personne se conduit mal. La parure accompagne une conduite, elle ne la remplace pas.

Ce qui se transmet et ce qui ne se prête pas

Une règle revient partout : les parures reçues dans un cadre rituel ne se prêtent pas et ne se vendent pas. Elles sont attachées à une personne, parfois à une lignée. Les transmettre à sa fille ou à son fils au bon moment fait partie des usages ; les céder à un inconnu ne se fait pas.

De même, on ne porte pas les insignes d un culte auquel on n appartient pas. C est une question de respect élémentaire, comparable au fait de ne pas porter un uniforme qui n est pas le sien. Les touristes et les acheteurs mal informés commettent souvent cette erreur de bonne foi.

Distinguer l artisanat du rituel

Une grande partie de la bijouterie béninoise est un art, tout simplement. Perles de verre recyclé, travail du bronze à la cire perdue, tissage, cuir : ce sont des savoir-faire remarquables, produits pour être portés, vendus et admirés. Il n y a aucune raison de chercher un sens caché à chaque bracelet acheté au marché.

La confusion vient parfois de vendeurs qui présentent un bijou courant comme un objet chargé, avec un prix multiplié en conséquence. Un artisan honnête vend un bel objet pour ce qu il est.

Attention aux abus

Le domaine des objets de protection attire les escrocs. Les signaux d alerte sont simples. Un prix très élevé pour un objet dont on ne peut vérifier ni l origine ni la préparation. La promesse d un résultat garanti — richesse, amour, invulnérabilité. L obligation d acheter d autres objets ensuite. La menace d un malheur si l on refuse.

Rien de tout cela n appartient à la tradition. Les objets remis dans un cadre familial ou initiatique sont généralement donnés, pas vendus, et leur valeur matérielle est modeste.

Une esthétique à défendre

Au-delà du symbolique, il y a une fierté à porter les parures béninoises. Elles disent une histoire, un savoir-faire, une manière d habiter son corps. Beaucoup de jeunes Béninois y reviennent aujourd hui, en les associant à des vêtements contemporains.

C est probablement la meilleure façon de faire vivre ce patrimoine : le porter avec connaissance, sans en faire ni un gadget ni un objet de peur.

Pour toute question sur les usages traditionnels : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.

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