Protection & Purification
Accidents de la route : ce qui protège vraiment
Da Hyppolite GLÉLÉ
Les routes béninoises font des victimes chaque semaine. Les motos-taxis, les longs trajets vers le nord, les axes très fréquentés vers le Nigeria et le Togo : le risque est réel et il touche des familles entières. Beaucoup de voyageurs demandent une protection avant de prendre la route. Il faut répondre à cette demande avec honnêteté.
Les usages traditionnels du départ
La tradition béninoise entoure le voyage de gestes précis. On annonce son départ à ses aînés et on reçoit leur bénédiction. On verse un peu d eau au seuil de la maison. On confie le voyageur aux ancêtres. Certains reçoivent un objet à porter, d autres des recommandations sur le jour ou l heure du départ.
Ces usages ont un sens que l on peut reconnaître sans crédulité. Ils marquent le passage, ils mobilisent l entourage, ils apaisent. Un voyageur qui part en paix avec sa famille, qui a dormi et qui n est pas dans la précipitation, est objectivement un voyageur plus sûr.
Le Fâ peut aussi être consulté avant un déplacement important. Le signe indique parfois de reporter, de changer d itinéraire, de ne pas voyager seul. Là encore, ces recommandations agissent souvent en ramenant de la prudence là où il y avait de la hâte.
Une vérité qu il faut dire
Aucun objet, aucun rituel, aucune parole ne rend invulnérable sur la route. C est le point le plus important de cet article.
Les praticiens sérieux du Bénin le répètent : celui qui roule à toute allure en pensant qu il est protégé est en danger de mort. La confiance dans un objet ne freine pas un véhicule, ne redresse pas une trajectoire, n empêche pas un choc.
Ceux qui vendent l invulnérabilité contre de l argent portent une responsabilité lourde. Des jeunes conducteurs de moto y ont laissé la vie. Toute proposition de ce type doit être refusée.
Ce qui protège réellement
La liste n a rien de mystérieux, et c est précisément pour cela qu il faut l écrire.
Le casque, pour le conducteur comme pour le passager. C est, de très loin, la mesure la plus efficace pour un usager de moto. Un casque correctement attaché divise le risque de traumatisme crânien grave.
L état du véhicule. Freins, pneus, éclairage. Beaucoup d accidents nocturnes viennent d un feu arrière hors service.
La vitesse adaptée, en particulier à la traversée des villages, où les enfants surgissent.
Le refus de l alcool avant de conduire, et la vigilance sur la fatigue lors des longs trajets vers Parakou, Natitingou ou Malanville. Les départs de nuit après une journée de travail sont particulièrement risqués.
La visibilité : vêtements clairs, dispositifs réfléchissants, phares allumés.
Pour un transporteur, la formation du conducteur et le respect des temps de repos comptent plus que tout objet.
Les deux ensemble
Rien n empêche de recevoir la bénédiction de ses parents avant de partir et de vérifier ses pneus. Ces deux gestes ne s opposent pas ; ils relèvent du même souci de revenir vivant.
Un praticien responsable, consulté avant un voyage, ne se contente pas des gestes rituels. Il demande comment la personne voyage, avec qui, à quelle heure, dans quel état. Et il recommande la prudence, parce que c est ce que la tradition demande réellement : préserver la vie qui a été confiée.
Après un accident
Quand un accident survient, la famille cherche souvent une explication spirituelle. La consultation peut aider à traverser le deuil ou l épreuve, à apaiser des tensions, à accompagner une convalescence.
Mais elle ne doit jamais retarder les soins. Devant un blessé, l ordre est clair : centre de santé d abord. Le reste vient après, et il a toute sa place ensuite.
Il faut aussi éviter le réflexe qui consiste à chercher un coupable dans l entourage. Sur les routes du Bénin, les causes sont le plus souvent connues : vitesse, état des véhicules, absence de casque, fatigue.
Pour un accompagnement avant un voyage important ou après une épreuve : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à réagir !