Amour & Couple
Fâ et problèmes de couple : quelle place pour la consultation ?
Da Hyppolite GLÉLÉ
Consulter pour son couple est une démarche ancienne au Bénin. Elle se faisait traditionnellement avant l’union, pas quand tout s’effondre. Voici ce qu’une consultation peut réellement apporter à un couple, et à quelles conditions.
Le moment traditionnel : avant
Dans l’usage ancien, on consulte au moment où l’union s’engage. Les familles examinent, on regarde ce qui se noue, ce qui pourrait poser problème, ce qui est demandé.
Ce n’est pas un test de compatibilité amoureuse. C’est un examen de ce qui s’engage : deux personnes, mais aussi deux familles, des obligations, des biens, une descendance.
Beaucoup de couples que je reçois aujourd’hui arrivent après quinze ans de difficultés. On peut travailler à partir de là, mais on répare au lieu de prévenir.
Ce qu’une consultation regarde
Ce qui a réellement produit la difficulté. Souvent, ce que le couple décrit n’est pas la cause : c’est le dernier épisode. Une consultation aide à remonter.
Les engagements non tenus. Une dot incomplète, une promesse faite à une famille, une part due, un enfant non reconnu. Ces situations pèsent, et elles se règlent.
Les tiers. Familles, ex-conjoints, associés. Beaucoup de conflits de couple sont en réalité des conflits de familles.
Ce qui est demandé. La réponse est souvent moins spectaculaire qu’espéré : parler, réparer, poser une limite, attendre.
Si la relation tient. Une consultation peut indiquer que non. C’est une réponse.
Les deux conditions
Le consentement. Consulter pour son couple est une chose ; consulter sur son conjoint à son insu en est une autre. La seconde ne mène à rien de bon, et je la refuse.
Idéalement, les deux membres du couple sont au courant. À défaut, la consultation porte sur votre position à vous.
L’honnêteté. Une consultation où l’on cache l’essentiel — une infidélité, une dette, une décision déjà prise — ne sert à rien. Le praticien n’est pas un juge, et il n’est pas là pour vous condamner.
Ce que la consultation ne remplace pas
Une conversation entre les deux personnes. Aucune démarche extérieure ne dispense de se parler, et beaucoup de couples viennent consulter précisément pour éviter de le faire.
Une médiation familiale, quand le conflit implique les familles.
Un accompagnement professionnel, quand il y a une souffrance psychique, une addiction, ou une dépression.
Et surtout : elle ne remplace pas une décision. Dans les situations de violence, la démarche à engager n’est pas spirituelle. Une personne en danger doit être mise en sécurité, et cela passe par des recours concrets.
Le cas des demandes unilatérales
“Faites qu’elle accepte.” “Faites qu’il cesse de voir cette femme.” “Faites qu’il revienne.”
Ces demandes visent à obtenir un comportement d’une autre personne. Elles sortent du cadre, et une pratique qui les accepte accepte tout — y compris de vous prendre votre argent.
Ce qui peut être travaillé, c’est votre position : ce que vous acceptez, ce que vous refusez, ce que vous demandez, ce que vous êtes prêt à faire.
Le meilleur usage
À mon sens, c’est celui-ci : consulter au moment où une décision doit être prise, et se servir de la lecture pour la prendre — pas pour l’éviter.
Un couple qui vient en disant “nous ne savons plus si nous continuons” peut repartir avec quelque chose. Un couple qui vient en disant “faites que cela s’arrange tout seul” repartira déçu, quel que soit le praticien.
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