Couples séparés à l'intérieur du pays : Cotonou, le village, le travail
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Amour & Couple

Couples séparés à l'intérieur du pays : Cotonou, le village, le travail

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Couples séparés à l'intérieur du pays : Cotonou, le village, le travail

On parle beaucoup des couples séparés par l émigration. On oublie les séparations intérieures, pourtant bien plus nombreuses : un conjoint à Cotonou, l autre au village ; une affectation à Parakou ; un commerce qui impose des déplacements permanents.

Les situations les plus courantes

L affectation professionnelle. Fonctionnaires, enseignants, personnels de santé sont affectés loin, parfois pour des années, sans que le conjoint puisse suivre.

Le travail en ville. L un s installe à Cotonou ou Abomey-Calavi pour gagner, l autre reste au village avec les enfants et les parents.

Le commerce itinérant. Des semaines d absence, des retours brefs.

Les études. Un conjoint en formation dans une autre ville.

Ce que cela produit

Les effets sont proches de ceux de la migration internationale, avec des particularités.

La distance est plus courte mais les retours restent coûteux en temps et en transport.

Celui qui reste au village porte souvent seul la belle-famille, les enfants, les travaux, et cette charge est rarement reconnue.

Celui qui est en ville vit dans un environnement différent, avec de nouvelles fréquentations, et il est très exposé aux soupçons.

Et les rumeurs circulent vite : dans les deux sens, l entourage rapporte.

Les points de rupture

L argent. Ce qui est envoyé, ce qui est gardé, ce qui est réellement gagné. Le flou nourrit le ressentiment.

Le soupçon. Il s installe presque mécaniquement quand les informations manquent.

L absence aux moments importants. Une naissance, un deuil, une maladie où l on n était pas là laisse des traces durables.

L absence d horizon. Sans date ni projet, la séparation devient un état.

Ce qui protège

Les couples qui tiennent font, presque tous, les mêmes choses.

Ils fixent un horizon. Une demande de rapprochement, une durée d affectation connue, un objectif d installation commune. Même approximatif, cela transforme une situation subie en étape.

Ils organisent les retours. Une fréquence tenue vaut mieux que des retours aléatoires. Et il faut être présent aux moments qui comptent, même au prix d un effort.

Ils parlent d autre chose que de logistique. Un appel qui ne sert qu à transmettre des demandes détruit lentement le lien.

Ils clarifient l argent. Ce qui est gagné, ce qui est envoyé, ce qui est dépensé de chaque côté.

Ils décident ensemble. Scolarité des enfants, dépenses importantes, relations avec les familles.

Ils coupent les rapporteurs. Identifier qui alimente les soupçons et cesser d y prêter l oreille règle un nombre étonnant de situations.

La question de la belle-famille

Elle est centrale dans ces configurations.

Une épouse restée au village avec la belle-famille, en l absence de son mari, se trouve dans une position exposée : elle subit sans médiateur.

Le mari doit ici jouer son rôle à distance : parler à ses parents, poser ce qui doit l être, ne pas laisser sa femme seule face à eux.

Et il faut maintenir le lien avec la famille d origine de l épouse, qui reste son recours.

Ce que la tradition prévoit

Le départ d un conjoint pour le travail n a rien de nouveau et la coutume l encadre.

On informe, on demande la bénédiction, on confie l épouse et les enfants à la responsabilité de la maison, on fixe des retours.

Ce dispositif crée une chaîne de responsabilités : chacun sait ce qu il doit à celui qui est absent.

Le réactiver, quand c est possible, apporte beaucoup.

Quand la rupture est là

Dans ces situations, il n y a souvent pas de faute à réparer, mais beaucoup de choses jamais dites.

La médiation familiale, sur place, est l outil le plus adapté, parce qu une bonne part du problème s est jouée dans l entourage.

Pour un accompagnement : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.

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