Amour & Couple
Comment parler d’un problème amoureux lors d’une consultation du Fâ ?
Da Hyppolite GLÉLÉ
La qualité d’une consultation dépend beaucoup de la manière dont la question est posée. C’est particulièrement vrai pour les questions de couple, où l’émotion brouille tout. Voici comment préparer la vôtre.
Écrire avant de venir
Prenez une feuille et répondez à trois choses.
Les faits. Que s’est-il passé, dans l’ordre, avec des dates approximatives. Sans interprétation. “En mars il a changé de travail. En mai nous avons cessé de sortir ensemble. En juillet il est parti.”
Ce que vous ressentez. Séparément des faits. Cela évite de présenter une impression comme un événement.
Ce que vous voulez. Sincèrement. Pas ce qui est acceptable à dire.
Cette mise en ordre fait apparaître, à elle seule, des choses qu’on n’avait pas vues. Beaucoup de personnes me disent l’avoir compris en écrivant.
Formuler la question
Une bonne question est courte, porte sur vous, et appelle autre chose qu’un oui ou un non.
Bonnes formulations : “Qu’est-ce qui a produit cette rupture ?” — “Qu’est-ce qui est demandé de moi dans cette situation ?” — “Cette relation est-elle bonne pour moi ?” — “Que dois-je faire maintenant ?”
Formulations qui ne donnent rien : “Va-t-il revenir ?” — “M’aime-t-elle encore ?” — “Qui est responsable ?” — “Quand vais-je rencontrer quelqu’un ?”
La différence : les premières portent sur votre situation et votre action ; les secondes demandent de lire dans une autre personne ou dans l’avenir.
Dire ce qui est gênant
C’est le point qui change tout, et le plus difficile.
Une infidélité, une dette, une décision déjà prise, une violence, un enfant caché, une autre relation : si cela existe et que vous le taisez, la consultation portera sur une situation qui n’est pas la vôtre.
Le praticien n’est pas là pour vous juger. Il est là pour examiner ce qui est. S’il vous juge, changez de praticien.
Ne pas venir avec la conclusion
L’erreur la plus fréquente : arriver en ayant déjà décidé de quoi il retourne. “Je sais que sa famille a fait quelque chose, je viens pour le confirmer.”
Dans cette configuration, vous ne cherchez pas une lecture, vous cherchez une validation. Et vous la trouverez, parce qu’il se trouvera quelqu’un pour vous la donner contre paiement.
Venez avec une question, pas avec un diagnostic.
Accepter une réponse qui déplaît
Une consultation honnête peut vous dire que la relation ne tient pas, que la part principale du problème est la vôtre, ou qu’il n’y a rien de spirituel dans cette histoire.
Ces réponses sont désagréables et elles sont utiles. Une consultation qui vous fait plaisir à tous les coups n’est pas une consultation.
Ce que vous pouvez demander au praticien
Vous avez le droit de demander : ce que signifie ce qu’il vient de dire ; sur quoi repose sa réponse ; ce qu’il recommande concrètement ; combien cela coûte ; et ce qu’il ne fait pas.
Un praticien sérieux répond à ces cinq questions sans se vexer.
Après
Notez ce qui a été dit, le jour même. La mémoire déforme vite, surtout dans un état émotionnel.
Puis choisissez une chose à faire dans la semaine. Une seule, concrète. C’est ce passage à l’acte qui distingue une consultation utile d’une consultation consommée.
Une dernière chose
Si vous venez de vous séparer et que vous êtes dans les premiers jours, attendez un peu. Une question posée dans la panique est presque toujours “faites-le revenir”, et c’est la seule à laquelle on ne peut pas répondre.
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