Amour & Couple
Coépouses : organiser la coexistence sans conflit
Da Hyppolite GLÉLÉ
Dans un foyer polygame, la relation entre coépouses détermine l atmosphère de toute la maison, y compris pour les enfants. Elle peut être vivable, et elle l est dans de nombreuses familles. Voici ce qui fait la différence.
Ce qui crée les conflits
Les causes sont identifiables et presque toujours les mêmes.
L inégalité de traitement. C est la première, de loin. Un mari qui donne davantage à l une, qui passe plus de temps chez elle, qui privilégie ses enfants pour la scolarité, installe une rivalité durable.
Le flou. Quand rien n est établi — qui fait quoi, qui reçoit quoi, comment le temps se répartit —, chacune interprète et soupçonne.
Les enfants. Différences de traitement, comparaisons, préférences affichées.
Les rapporteurs. L entourage, la belle-famille, les voisins qui alimentent les soupçons.
L arrivée non annoncée d une nouvelle épouse. Une union conclue en cachette est vécue comme une trahison et empoisonne durablement la maison.
Ce que la tradition impose au mari
Il faut le rappeler avec fermeté, parce que c est lui qui détermine l essentiel.
L équité est une obligation, pas une faveur : logement, nourriture, vêtements, temps, attention portée aux enfants de chacune.
L information est due : une nouvelle union se conclut au su de la famille et des épouses en place.
Et l arbitrage lui revient : un mari qui laisse ses épouses s affronter en se tenant à l écart manque à son rôle.
Dans la plupart des foyers en conflit que nous voyons, le problème n est pas entre les femmes : il est dans la manière dont l homme organise — ou n organise pas — la maison.
Ce qui fonctionne concrètement
Les familles où la coexistence est apaisée appliquent, souvent sans le formuler, quelques principes.
Des espaces séparés. Chaque épouse dispose de son espace, de sa cuisine si possible. La promiscuité totale use tout le monde.
Des règles annoncées. Répartition du temps, contribution aux dépenses, organisation des travaux. Établies une fois, devant tous.
Une répartition équitable des charges domestiques, qui ne fait pas porter à la dernière arrivée l ensemble du travail.
Le respect des préséances. Elles existent dans la coutume et elles servent précisément à éviter les rivalités de statut. Les bafouer crée du désordre.
Une règle sur les enfants : les mêmes conditions de scolarité, de nourriture, de soins.
Des occasions communes. Fêtes, cérémonies, deuils vécus ensemble. Des femmes qui traversent des choses ensemble s allient plutôt qu elles ne s affrontent.
Entre coépouses
Quelques repères, pour celles qui vivent cette situation.
Traiter directement ce qui peut l être, plutôt que de passer systématiquement par le mari, qui déforme et attise.
Ne pas impliquer les enfants dans les rivalités d adultes. C est eux qui en portent les conséquences les plus longues.
Se méfier de ceux qui rapportent. Une part importante des conflits est entretenue par des tiers.
Et reconnaître qu il existe, dans beaucoup de foyers, une véritable solidarité entre coépouses : garde des enfants, entraide en cas de maladie, soutien face à la belle-famille. Cela existe et cela vaut mieux que l affrontement.
Les accusations
C est le point le plus grave.
Dans les foyers en tension, tout malheur — maladie d un enfant, échec, décès — finit par être attribué à une coépouse.
Ces accusations détruisent des familles et exposent des femmes à des violences et à l exclusion.
Nous ne les validons pas. Un praticien qui, dès la première visite, désigne une coépouse, fabrique un conflit et ouvre un cycle de dépenses.
Quand une accusation apparaît, le travail consiste à ramener au réel et à organiser une médiation, pas à désigner une coupable.
Le recours
Quand la tension s installe, la médiation par les aînés des familles concernées reste l outil le plus efficace, à condition d être demandée tôt.
Pour un accompagnement familial : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
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