Amour & Couple
Aimer sans se perdre : la mesure dans la relation
Da Hyppolite GLÉLÉ
Certaines personnes qui viennent après une rupture décrivent moins un chagrin qu un effondrement : elles ne savent plus qui elles sont sans l autre. Cette situation mérite d être regardée pour elle-même.
Les signes
Ils sont assez reconnaissables.
Avoir abandonné ses amis, ses activités, parfois son travail, pour la relation.
Ne plus prendre aucune décision seul.
Accepter des choses que l on aurait refusées, par peur de perdre l autre.
Vérifier constamment que l on est encore aimé.
Et, après la rupture, l impossibilité de se réoccuper, avec une pensée qui revient sans cesse au même point.
Ce que la tradition en dit
La sagesse béninoise valorise l attachement, mais elle met en garde contre la perte de soi.
Elle rappelle qu une personne appartient d abord à sa lignée : elle a des parents, des frères, des obligations, un nom. Une relation vient s ajouter à cela, elle ne le remplace pas.
Cette conception a un effet protecteur réel. Quelqu un qui reste inséré dans sa famille et sa communauté ne s effondre pas de la même manière quand une relation se termine.
Les proverbes disent la même chose autrement : l arbre qui n a qu une racine tombe au premier vent.
Pourquoi cela fragilise la relation elle-même
C est le point le plus contre-intuitif et le plus important.
Une personne qui a tout misé sur son couple devient exigeante d une manière que l autre ne peut pas satisfaire. Elle attend qu il comble un vide, qu il rassure en permanence, qu il occupe toute la place.
Cette attente pèse. Beaucoup de ruptures s expliquent ainsi, sans qu aucun des deux ne l ait formulé.
Autrement dit, se préserver n est pas un manque d amour : c est ce qui rend la relation vivable.
Ce qui reconstruit
Les conseils sont simples et ils demandent de la constance.
Reprendre contact avec les siens. Famille, amis délaissés. C est la première chose, et souvent la plus difficile après une période de retrait.
Retrouver une activité à soi. Travail, formation, association, sport, communauté religieuse.
Reprendre des décisions. Même petites. Décider seul de quelque chose chaque jour rétablit quelque chose.
Occuper le temps qui était consacré à la relation. Le vide est ce qui fait revenir en arrière.
Cesser de surveiller. Suivre la vie de l autre au quotidien empêche toute reconstruction.
La place de l accompagnement traditionnel
Il est utile ici, et de manière assez directe.
Il réinsère la personne dans un cadre : famille, aînés, communauté. C est exactement ce qui manque.
Il propose des gestes qui marquent une clôture, ce qui aide à ne pas rester suspendu.
Et il mobilise l entourage, qui souvent ne savait pas quoi faire.
Ce qu il ne fait pas, c est promettre un retour pour éviter d avoir à se reconstruire. Une promesse de ce type, dans cette situation, aggrave l état de la personne et la maintient dans l attente.
Quand il faut consulter un professionnel
Certains signes dépassent le chagrin.
Une incapacité à travailler qui dure. Un isolement complet. Un sommeil détruit depuis des semaines. Des idées noires.
Dans ces cas, un accompagnement en santé est nécessaire, et il n a rien d incompatible avec une démarche traditionnelle.
Une mesure, pas une distance
Il ne s agit pas d aimer moins.
Il s agit de rester quelqu un pendant qu on aime : garder ses liens, son travail, ses décisions, sa dignité.
C est ce que la tradition appelle la mesure, et c est ce qui permet de traverser une perte sans disparaître avec elle.
Pour un accompagnement : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à réagir !