Divination & Guidance Spirituelle
Consultation du Fâ : comment elle se déroule, ce qu'elle coûte, ce qu'elle ne dit pas
Da Hyppolite GLÉLÉ
Une consultation du Fâ ne prédit pas l’avenir : elle lit une situation et dit ce que la tradition prescrit. Voici comment elle se déroule, ce qui fait varier son coût, et ce qu’elle ne dira pas.
C’est la question qu’on me pose avant toutes les autres, souvent avec gêne : comment ça se passe, et combien ça coûte. Je réponds ici une fois pour toutes, avec des chiffres et des durées, pour que personne n’arrive dans le noir.
Ce qu’est une consultation du Fâ
Le Fâ est le système de divination du vodoun. Il repose sur seize signes majeurs, les dou, qui se combinent en 256 configurations, et sur un officiant formé pour les lire : le bokonon. J’ai détaillé cette mécanique dans Le Fâ expliqué.
Ce que la consultation cherche : d’où vient ce qui vous arrive, à qui cela se rattache, et quelle conduite la tradition prescrit. Ce n’est pas une séance de voyance où l’on vous annonce des événements datés.
C’est l’étape obligatoire avant tout rituel. Un travail posé sans lecture est une supposition coûteuse, et c’est l’explication de la plupart des rituels qui ne tiennent pas.
Comment se déroule une consultation, dans l’ordre
L’exposé des faits. Je demande des faits, pas des interprétations. Ce qui se répète, depuis quelle date, qui est concerné, ce qui a été tenté. Les noms et les dates comptent plus que les impressions.
La consultation elle-même. Le tirage se fait avec les instruments de la tradition, cauris ou noix, selon la forme de consultation. Le signe qui sort ne se choisit pas et ne se négocie pas.
La lecture. Le signe est lu et rapporté à votre situation. À ce moment, je dis ce qui est désigné, y compris quand cela ne correspond pas à ce que vous êtes venu chercher.
La prescription. S’il y a un travail à faire, la tradition dit lequel : purification, offrande, réparation, protection. Avec sa durée et son coût, annoncés avant.
Les questions. Vous posez ce que vous voulez. Une consultation où vous n’avez pas pu demander « pourquoi » a mal été menée.
Comptez quarante-cinq minutes à une heure et demie. Une consultation de dix minutes ne vaut pas ce que vous avez payé.
Ce qu’il faut apporter, ou envoyer
Votre nom complet, votre date de naissance quand vous la connaissez. Les faits écrits, avec les dates. Les noms des personnes concernées. Ce que les médecins ont dit, s’il y a un corps qui souffre.
Rien d’autre. Pas d’objet, pas de photo obligatoire, pas de somme dans une enveloppe scellée. Si on vous demande d’apporter de l’argent « à poser sur l’autel » avant même la lecture, partez.
Ce que la consultation ne dira pas
Une date d’événement. Ni un mariage en mars, ni un contrat en juillet. Le Fâ lit une situation et des tendances, il ne tient pas un calendrier.
Le nom d’un coupable. Il indique une origine, jamais une personne à désigner publiquement. J’ai vu des familles se briser sur des accusations bâties là-dessus. Je ne donne pas de nom, et c’est une règle, pas une prudence.
Un diagnostic médical. Ce que la lecture peut dire, c’est que le corps est engagé et qu’il faut consulter. Elle ne remplace ni un examen ni un traitement, et je ne demande jamais l’arrêt d’un traitement en cours. J’ai développé ce point dans l’article sur ce que la guérison spirituelle ne remplace pas.
Une garantie de résultat. Aucune consultation sérieuse ne s’accompagne d’une promesse chiffrée et datée.
Ce qui fait varier le coût
Je ne publie pas de tarif unique, pour une raison simple : ce qui coûte, ce n’est pas la lecture, c’est ce qu’elle prescrit. Voici ce qui fait la différence.
La consultation seule est l’acte le moins cher, et elle se suffit souvent à elle-même : beaucoup de gens repartent avec une lecture et aucune prescription.
Le type de travail prescrit. Une purification simple demande peu. Une réparation de lignage demande des déplacements, des personnes à réunir, des matières, parfois plusieurs jours. Le même principe que pour le prix d’un nettoyage de maison, que j’ai détaillé ailleurs.
Le nombre de personnes concernées. Une lecture pour une personne n’a pas le poids d’une affaire qui engage une famille entière.
Le déplacement. Se rendre sur un lieu, dans une autre ville ou un autre pays, se compte à part.
La distance. Une consultation à distance coûte moins qu’une venue, à travail égal.
Ce que je m’engage à faire : annoncer le montant complet avant de commencer, et ne pas le modifier en route. Un prix qui monte à chaque étape, avec une raison nouvelle à chaque fois, est le signe le plus fiable qu’on vous vide.
La consultation à distance
Elle représente aujourd’hui la majorité de mon travail, avec des gens au Bénin, en France, au Canada, en Côte d’Ivoire.
Ce qui change : pas de présence physique, donc le récit et les dates portent tout le poids. Ce qui ne change pas : la lecture, la prescription, le suivi. Le déroulement complet est décrit dans l’article sur le soin à distance.
Ce que je refuse à distance : les cas où un lieu doit être vu, et ceux où une famille doit être réunie. Dans ces situations je le dis avant, pas après avoir encaissé.
Comment reconnaître un bokonon sérieux
Cinq questions, et les réponses vous renseignent plus que n’importe quelle description de rituel.
De qui tient-il sa formation, dans quel couvent, sous quel nom, et auprès de qui pouvez-vous le vérifier ?
Consulte-t-il avant d’agir, ou vend-il un rituel dès le premier message ?
Annonce-t-il le montant complet avant de commencer ?
Que refuse-t-il ? Un praticien qui n’a pas de liste de refus n’a pas de règle. Chez moi : contraindre la volonté d’une personne, nuire à un tiers, renvoyer un sort à son auteur, se substituer à un médecin, promettre une date.
Que vous demande-t-il, à vous ? Aucun travail ne dispense de tenir votre part.
Les questions qu’on me pose
Combien de temps dure une consultation du Fâ ? De quarante-cinq minutes à une heure et demie selon la complexité. La prescription et le suivi se comptent à part.
Faut-il être initié pour consulter ? Non. La consultation est ouverte à tout le monde, initié ou pas, béninois ou pas, croyant ou pas. L’initiation est un autre chemin, qui ne se demande pas comme un service.
Peut-on consulter pour quelqu’un d’autre ? Oui, pour un enfant, un parent malade, un proche empêché. Mais je ne mène pas de lecture sur une personne majeure à son insu pour agir sur elle : c’est exactement l’interdit de contrainte.
Est-ce compatible avec ma religion ? Beaucoup de mes consultants sont chrétiens ou musulmans, et cela ne pose de problème qu’à ceux qui veulent en faire un. J’ai écrit sur cette coexistence telle qu’elle se vit réellement au Bénin.
Que se passe-t-il si la lecture ne désigne rien ? Je le dis, et il n’y a pas de travail. C’est arrivé la semaine dernière et cela arrive régulièrement. Le contraire, un praticien qui trouve toujours quelque chose à traiter, devrait vous inquiéter.
Combien de fois faut-il consulter ? Une fois pour lire une situation. Ensuite, seulement si la situation change ou si le travail prescrit n’a pas produit ce qu’il devait. Une consultation mensuelle par habitude n’a pas de sens et coûte cher.
Peut-on consulter en cas d’urgence ? Oui, et certaines situations le demandent. Mais l’urgence ressentie n’est pas toujours l’urgence réelle : quand quelqu’un vous pousse à agir dans l’heure en agitant un malheur imminent, c’est presque toujours une technique de vente.
Pour demander une consultation
Écrivez sur une page : ce qui se répète et depuis quand, les dates de rupture, les personnes concernées, ce que vous avez déjà tenté, médecine comprise. Ajoutez votre nom complet et votre date de naissance.
Envoyez-la par la page de contact. Je vous dirai s’il y a matière à lecture, ce que ça coûte, et combien de temps ça demande. Avant, pas après.