Fâ et réconciliation : comment se prépare un retour au dialogue
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Fâ et réconciliation : comment se prépare un retour au dialogue

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Fâ et réconciliation : comment se prépare un retour au dialogue

Réconcilier n’est pas effacer. C’est rétablir une relation en traitant ce qui l’a rompue. La tradition béninoise a une procédure pour cela, et elle est efficace.

Ce qu’une consultation examine

Ce qui a rompu. Souvent, ce que les parties invoquent n’est pas la cause : c’est le dernier épisode. Une consultation aide à remonter au point de départ.

Ce qui est dû. Une somme, une part, une excuse, une restitution. La réconciliation passe par là ; sans cela, elle ne tient pas.

Ce que chacun peut faire. La démarche est rarement symétrique : l’un doit reconnaître, l’autre doit accepter.

Si c’est le moment. Une réconciliation engagée trop tôt échoue et rend la suivante plus difficile.

La procédure traditionnelle

Elle est claire et elle fonctionne.

Un tiers. Un aîné, un notable, quelqu’un de respecté des deux côtés. C’est la clé : sans tiers, on reste dans l’affrontement.

Une rencontre encadrée. Chacun expose sans être interrompu. Le tiers reformule et cherche les points d’accord.

Une reconnaissance. Celui qui a manqué le dit. C’est le moment le plus difficile et le plus décisif.

Une réparation. Concrète quand elle peut l’être.

Un geste public. La réconciliation se marque devant témoins. Cela l’engage et cela informe l’entourage que le conflit est clos.

Un partage. Manger et boire ensemble scelle. Ce n’est pas anodin : c’est le signe visible que la relation est rétablie.

Ce qui fait échouer une réconciliation

Vouloir tout régler en une fois.

Chercher à obtenir raison plutôt qu’une solution.

Une reconnaissance de façade, qui ne trompe personne.

L’absence de réparation matérielle quand quelque chose est dû.

Et un tiers qui prend parti.

Ce que la réconciliation n’exige pas

Elle n’exige pas d’oublier. On peut se réconcilier en se souvenant.

Elle n’exige pas de redevenir proches. Une relation apaisée n’est pas nécessairement une relation retrouvée.

Elle n’exige pas non plus de se réconcilier avec tout le monde. Certaines relations n’ont pas à être rétablies — et je pense en particulier aux situations où quelqu’un a été maltraité. Personne n’est tenu de se réconcilier avec la personne qui lui a fait du mal.

Le cas des conflits anciens

Beaucoup de familles portent des brouilles dont les protagonistes d’origine sont morts.

Ces situations se traitent, et souvent plus facilement qu’on ne croit : les descendants n’ont pas d’attachement personnel au conflit. Ce qu’il faut, c’est quelqu’un pour l’engager et un tiers pour l’encadrer.

C’est l’une des démarches les plus utiles que je connaisse, et elle libère des familles entières.

Ce que je conseille

Identifiez ce qui est concrètement en jeu. Choisissez un tiers acceptable des deux côtés. Préparez ce que vous reconnaissez de votre part.

Et si vous êtes celui qui doit : commencez par rendre. C’est ce qui débloque, presque toujours.

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