Divination & Guidance Spirituelle
Fâ et mariage : ce qu'examine une consultation avant l'union
Da Hyppolite GLÉLÉ
Au Bénin, on consulte avant le mariage. Cette consultation n’est pas un test de compatibilité amoureuse : c’est l’examen de ce qui s’engage. Voici ce qu’elle regarde réellement.
Ce qui s’engage dans un mariage
Deux personnes, bien sûr. Mais aussi deux familles, des obligations réciproques, des biens, une descendance, et parfois des engagements pris par des générations antérieures.
C’est cet ensemble que la consultation examine. D’où le fait qu’elle se fasse souvent en présence des familles, et non des seuls fiancés.
Les points examinés
Les empêchements de lignée. Une brouille ancienne entre les deux familles, un tort jamais réparé, une alliance rompue autrefois. Ces situations existent et elles ressortent souvent au moment d’un mariage.
Les engagements antérieurs. Une union précédente non dénouée dans les formes, une promesse faite à une autre famille, des enfants d’une relation antérieure.
Ce qui est dû. Une dot incomplète, une part promise, une contribution annoncée et jamais versée. C’est le point le plus fréquent, et le plus concret.
Le moment. Certaines périodes ne sont pas indiquées pour engager. La réponse peut être : pas maintenant.
Ce qui demande attention. Un point de fragilité, une conduite à tenir, un interdit.
Ce que la consultation ne dit pas
Elle ne dit pas si les deux personnes s’aiment. Elles le savent.
Elle ne prédit pas la durée du mariage. Aucun praticien honnête ne vous annoncera combien d’années votre union tiendra.
Elle ne remplace pas les conversations que les fiancés doivent avoir entre eux — sur l’argent, sur les enfants, sur l’endroit où ils vivront, sur ce que chacun attend des belles-familles. Ces conversations défont plus de couples par leur absence que n’importe quel obstacle.
Le cas des réponses défavorables
C’est le point délicat.
Une consultation peut indiquer un empêchement, ou signaler que quelque chose doit être réglé avant. Deux erreurs sont alors possibles.
Passer outre sans rien traiter. Ce qui est signalé revient, généralement au premier conflit sérieux.
Traiter la réponse comme un verdict définitif. Un empêchement se lève le plus souvent : une dette se règle, une brouille se répare, une promesse s’honore. La consultation indique un travail, pas une condamnation.
Et une réserve : un résultat de consultation ne doit pas devenir un instrument de pression familiale pour imposer ou empêcher une union. J’ai vu cet usage, et il est abusif.
La question de la dot
Elle mérite un mot, car elle est au cœur de beaucoup de consultations.
La dot n’est pas un achat. C’est un ensemble d’échanges qui scelle l’alliance entre deux lignées et engage des obligations réciproques.
Ce qui pose problème, ce n’est pas son principe : c’est l’inflation. Des montants devenus déraisonnables retardent des mariages de plusieurs années et endettent des jeunes couples.
La tradition demande que ce qui est convenu soit versé. Elle ne demande pas de ruiner un futur ménage. Quand la consultation aborde ce sujet, c’est souvent pour ramener à la mesure.
Le mariage civil
Je le répète chaque fois : faites-le aussi.
Sans mariage civil, en cas de décès ou de séparation, le conjoint et parfois les enfants se retrouvent sans droits. J’ai vu trop de veuves dépossédées par une belle-famille pour ne pas insister.
Le coutumier fait le mariage aux yeux de la société. Le civil le fait aux yeux de la loi. Les deux sont nécessaires.
Ce que je conseille aux fiancés
Consultez avant, pas après le premier conflit. Réglez ce qui est dû. Parlez d’argent entre vous. Associez les deux familles. Et faites le civil.
Le reste dépend de vous deux.
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