Divination & Guidance Spirituelle
Fâ et deuil : accompagner une perte
Da Hyppolite GLÉLÉ
Le deuil est l’une des situations où l’on vient consulter avec les attentes les plus lourdes, et où il faut être le plus prudent sur ce que l’on promet.
Ce qu’une consultation peut apporter
Un cadre pour ce qui doit être fait. Les funérailles, dans la tradition béninoise, ne sont pas seulement un hommage : elles installent le défunt dans son statut. Une consultation peut préciser ce qui est demandé, dans quel ordre, par qui.
Une réponse aux questions pratiques de la famille. Qui prend la charge, comment procéder quand le décès est survenu loin, que faire si les moyens manquent.
Un examen de ce qui reste ouvert. Une promesse faite au défunt et non tenue, un partage à faire, un conflit à éteindre avant qu’il ne s’installe pour trente ans.
Un accompagnement de ceux qui restent. C’est souvent le vrai sujet.
Ce qu’elle ne fait pas
Elle ne parle pas au défunt à votre place, et elle ne transmet pas de messages. Méfiez-vous de ceux qui le proposent : c’est une promesse invérifiable adressée à des personnes en état de tout croire.
Elle n’abrège pas le chagrin.
Et elle n’explique pas nécessairement la mort. Beaucoup viennent demander qui est responsable d’un décès. C’est la question la plus dangereuse qu’on puisse poser.
La question de la responsabilité
Il faut y consacrer un paragraphe entier, parce que c’est là que les dégâts se produisent.
Après un décès, surtout brutal ou d’une personne jeune, l’entourage cherche une cause. Et il se trouve toujours quelqu’un pour désigner un coupable : une belle-mère, une co-épouse, un oncle, une tante âgée.
Ces accusations détruisent des familles. Elles conduisent à des rejets, des expulsions, parfois des violences. Elles visent presque toujours les mêmes profils : les femmes âgées, les veuves, les personnes sans appui.
Je ne désigne jamais de coupable. Aucun praticien sérieux ne le fait. Celui qui le fait profite d’une famille effondrée pour se rendre indispensable.
Les funérailles inachevées
C’est une situation très fréquente aujourd’hui : un décès à l’étranger, des moyens insuffisants, un différend familial qui a bloqué la cérémonie.
Ceux qui restent portent alors quelque chose d’inachevé, et cela ressort parfois des années plus tard.
La bonne nouvelle est qu’il n’y a pas de délai. Reprendre ce qui n’a pas été fait, même longtemps après, même simplement, est possible — et c’est l’une des démarches les plus utiles que je connaisse.
Le coût des funérailles
Un sujet sensible et réel.
Les funérailles mobilisent des ressources considérables au Bénin, et des familles s’endettent lourdement pour tenir leur rang.
La tradition demande que le défunt soit honoré selon ce qui est possible, pas selon ce qui impressionnera les voisins. Cette inflation est un phénomène social récent, pas une exigence ancienne.
Un praticien qui vous pousse à dépenser au-delà de vos moyens ne vous conseille pas bien.
Quand chercher une autre aide
Le deuil est un processus long. Mais si, plusieurs mois après, vous ne parvenez plus à dormir, à travailler, à vous occuper de vos proches, ou si vous avez des pensées noires, il ne s’agit plus seulement de chagrin.
Parlez-en à un médecin ou à un professionnel. Ce sujet est sérieux et il existe des accompagnements. Une démarche traditionnelle peut venir à côté ; elle ne remplace pas ce soin.
Ce que je dis souvent
Ce qui aide, dans le deuil, c’est de faire ce qui doit être fait, entouré, et de laisser le temps travailler.
La tradition est bonne à cela : elle donne des gestes, un ordre, une communauté présente. C’est probablement sa fonction la plus précieuse.
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