Sérénité face aux épreuves
Établir un bouclier ancestral avant une audience
Da Hyppolite GLÉLÉ
Une date d’audience approche et le sommeil s’en va. C’est presque une règle. Les jours qui précèdent concentrent une tension accumulée pendant des mois, et l’on se présente parfois devant la juridiction dans l’état exact où l’on souhaitait ne pas être : épuisé, crispé, incapable de retrouver ce qu’on avait préparé. La tradition vodoun a quelque chose à proposer pour ces quelques jours-là — et rien à proposer pour ce qui se décidera ensuite.
Ce que « bouclier » veut dire ici
Le mot vient de la tradition et il prête à malentendu. Un bouclier ancestral n’est pas une arme tournée vers un adversaire, ni un dispositif qui agirait sur le cours d’une procédure. C’est ce qui délimite une personne : ce qui l’empêche de se dissoudre dans son affaire, d’être emportée par la peur ou par la colère, de se présenter en morceaux là où elle doit être entière.
Dans le Vodoun, cette délimitation passe par les ancêtres. On se tient debout dans une lignée ; se rappeler à elle, la veille d’une épreuve, c’est se souvenir qu’on est plus ancien et plus large que le conflit du moment.
Le déroulé des jours qui précèdent
La préparation se règle sur la date, et non sur l’enjeu du dossier. Elle comporte le plus souvent :
- une consultation, quelques jours avant, pour nommer ce qui pèse et écarter ce qui n’a pas lieu d’inquiéter ;
- un bain rituel, préparé avec des plantes rituelles, la veille au soir ;
- une parole adressée aux ancêtres, chez soi, à voix haute — la formulation compte moins que le fait de la prononcer ;
- un geste simple à emporter le jour même : un objet gardé sur soi, une phrase, un temps de silence avant d’entrer.
Rien de spectaculaire. La force de cette séquence tient à ce qu’elle donne à faire quelque chose de précis dans des heures où l’on ne peut plus rien faire d’autre.
Ce que la démarche vise, en toute clarté
Elle vise le sommeil, la respiration, la voix qui ne tremble pas, la mémoire disponible, la capacité de se taire quand il faut se taire. Elle vise à aborder l’audience avec sérénité — non pas indifférent, mais présent.
Elle ne vise pas le résultat, et elle n’a aucun moyen de l’atteindre. Aucun rituel ne parle à un magistrat, ne modifie une pièce, ne déplace une audience. Le travail conduit par le Vénérable Grand Prêtre Vodoun Hyppolite GLELE commence et s’arrête à la personne qui vient le voir.
Pour les affaires qui durent au-delà d’une audience, le même principe se décline sur la longueur : voir Conflit judiciaire prolongé : accompagnement spirituel.
Une chose enfin, qui doit être écrite noir sur blanc. Cet accompagnement est d’ordre spirituel. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni une intervention sur une procédure en cours, et ne se substitue pas à l’assistance d’un avocat. Ce travail-là est ciblé sur une échéance. Pour la protection de tous les jours, hors contexte judiciaire, c’est le bouclier contre le mauvais œil qu’il faut regarder, et rien ne se met en place sans la lecture préalable.
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