Régler sa succession de son vivant : le meilleur service à rendre aux siens
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Harmonie & Rituels

Régler sa succession de son vivant : le meilleur service à rendre aux siens

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Régler sa succession de son vivant : le meilleur service à rendre aux siens

Si je devais donner un seul conseil à un chef de famille, ce serait celui-ci. Les successions non préparées produisent les conflits les plus longs et les plus destructeurs que je connaisse.

Ce qui se passe quand rien n’est fait

Le décès survient. Les biens ne sont pas documentés. Personne ne connaît les intentions du défunt. Chacun affirme ce qui l’arrange.

Une branche découvre l’existence d’une seconde famille. Une veuve apprend qu’elle n’a aucun droit faute de mariage civil. Un enfant non reconnu se voit écarté. Un terrain occupé depuis quarante ans se révèle sans titre.

Et le conflit s’installe pour vingt ou trente ans, transmis aux petits-enfants qui n’en connaissent même plus l’origine.

Les six choses à faire

1. Documenter les biens. Titres fonciers, actes de vente, bornages, factures. Un terrain sans titre est une bombe à retardement — c’est le premier point, et de loin le plus important au Bénin.

2. Régulariser les situations. Reconnaître tous les enfants. Faire le mariage civil. Clarifier les secondes familles. Ce sont les non-dits qui font exploser les successions.

3. Écrire. Un testament, ou au minimum un document signé indiquant vos intentions. Selon les cas, un notaire sécurise l’ensemble.

4. Dire, devant témoins. Réunir la famille et annoncer ce qui est prévu. C’est inconfortable et cela vaut mieux que des années de procès.

5. Répartir les charges avec les biens. Celui qui hérite de la maison familiale hérite aussi de l’obligation d’accueillir et d’entretenir. Dites-le explicitement.

6. Régler vos dettes et faire connaître ce qu’on vous doit.

Le rôle des femmes

Un point qu’il faut aborder.

Coutume et droit ne disent pas la même chose sur les droits des femmes en matière de succession. Le droit béninois reconnaît des droits que certaines pratiques coutumières écartent.

Concrètement, des veuves et des filles se retrouvent dépossédées. Cela arrive souvent, et cela ruine des vies.

Un chef de famille qui veut protéger sa femme et ses filles doit le faire par écrit et par le droit — pas seulement par la parole.

Ce que la tradition demande

Elle demande que ce qui est dû soit versé, et que ce qui est promis soit tenu.

Elle demande aussi l’équité entre les héritiers, et elle réprouve l’accaparement.

Il n’y a donc aucune contradiction entre préparer sa succession selon le droit et respecter la tradition. Les deux demandent la même chose : de la clarté et de l’équité.

Ce qu’une consultation peut apporter

L’examen de ce qui est resté ouvert : une part promise, un tort ancien, un engagement pris par un ancien.

La préparation d’une réunion familiale, quand la situation est délicate.

Et parfois la mise au jour d’un non-dit que tout le monde connaissait sans le formuler.

Pour les héritiers déjà en conflit

Documentez. Cherchez une médiation avant la justice. Prenez un avis juridique tôt.

Et évitez absolument les accusations de sorcellerie : elles apparaissent presque toujours dans ces conflits et rendent tout accord impossible.

Le conseil, en une phrase

Ce que vous laisserez de plus précieux à votre famille n’est pas un bien : c’est une situation claire.

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