Libération & Renouveau
Pourquoi les projets n’avancent-ils pas ?
Da Hyppolite GLÉLÉ
“J’ai des projets, mais rien n’aboutit.” Cette phrase revient constamment, et elle mérite un examen sérieux — parce qu’elle a le plus souvent des causes identifiables, et parfois une cause traditionnelle.
Les cinq causes ordinaires
Le projet n’est pas défini. “Je veux ouvrir un commerce” n’est pas un projet. Un projet comporte un produit, un lieu, un prix, un client, un coût de démarrage. Beaucoup de projets n’avancent pas parce qu’ils n’existent pas encore.
Il n’y a pas de première étape. Un projet avance par la plus petite action possible. Tant qu’on attend d’avoir toute la somme, tout le temps, toutes les garanties, rien ne bouge.
Le financement est absent dès le départ. Un projet sous-financé échoue avec régularité. Ce n’est pas une malchance, c’est une arithmétique.
La dispersion. Cinq projets menés à la fois, aucun terminé. Chacun échoue faute d’attention.
L’entourage. Un conjoint qui décourage, une famille qui ponctionne, un associé qui ne fait pas sa part. Cette cause est massive et rarement nommée.
Avant toute autre hypothèse, examinez ces cinq points honnêtement.
Le rôle de l’état personnel
Une personne épuisée, déprimée ou consommant trop d’alcool ne fait pas avancer un projet. Elle en parle, elle le repousse, elle l’abandonne.
Si vous vous reconnaissez, la question n’est pas le projet : c’est votre état. Et il se traite.
Ce que la tradition regarde
Elle s’intéresse à la répétition et au motif.
Est-ce toujours au même stade que cela s’arrête ? Juste avant la signature, juste avant l’ouverture, au moment de payer ? Ce détail est significatif.
Est-ce que cela existe dans la famille ? Plusieurs générations qui n’aboutissent pas, alors que les capacités sont là ?
Y a-t-il un engagement resté ouvert ? Une dette, une promesse faite à quelqu’un, une part due, un tort ancien.
Ces trois questions sont celles d’un examen traditionnel, et elles ont un sens.
Ce qui est demandé, en général
Quand une consultation indique quelque chose, la recommandation comporte presque toujours une part concrète.
Régler une dette. Aller voir quelqu’un. Réparer un tort. Reprendre contact avec une famille. Renoncer à un projet pour en tenir un seul.
Ce dernier point revient souvent, et il est mal reçu : parfois, la réponse est qu’il y a trop de projets, pas trop peu de chance.
Le piège de l’explication invisible
Attribuer l’immobilité à une cause extérieure est confortable : cela dispense de faire la première étape.
Et c’est exactement ce que vendent ceux qui promettent des “déblocages” : une explication qui n’exige rien de vous, sinon de payer.
Le repère : une démarche honnête vous donne quelque chose à faire. Une escroquerie vous donne quelque chose à attendre.
Ce que je conseille
Prenez un seul projet. Écrivez ce qu’il faut : combien, pour quoi, avec qui, pour quel client.
Faites la plus petite action possible cette semaine. Une seule.
Réglez une dette ou une promesse en attente.
Puis, si après cela quelque chose se répète toujours au même point sans explication, une consultation a du sens — et vous saurez enfin quoi lui demander.
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