Harmonie & Rituels
Les funérailles au Bénin : organisation et coûts
Da Hyppolite GLÉLÉ
Les funérailles occupent une place centrale dans la vie sociale béninoise. Elles rassemblent, honorent, et permettent au défunt d accéder au statut d ancêtre. Elles constituent aussi, pour beaucoup de familles, la dépense la plus lourde de leur existence. Les deux réalités méritent d être regardées ensemble.
Pourquoi elles comptent tant
Dans la conception traditionnelle, la mort n est pas une disparition mais un changement de position. Le défunt rejoint les ancêtres, à condition d avoir été correctement accompagné.
Des funérailles bâclées sont perçues comme laissant le défunt dans un entre-deux, avec des conséquences pour les vivants.
S y ajoute une dimension sociale : les funérailles manifestent publiquement la considération dont jouissait le défunt et la solidité de sa famille.
Le déroulement
Les formes varient considérablement selon les régions, les religions et le statut du défunt. Une trame générale se retrouve.
L annonce du décès, faite selon un ordre précis : la famille proche d abord, puis les alliés, puis la communauté.
La veillée, moment de rassemblement, de chants et de présence auprès de la famille.
L inhumation, qui peut avoir lieu rapidement ou après un délai.
Les cérémonies proprement dites, parfois différées de plusieurs mois ou années, le temps de réunir les moyens.
Le retour de deuil, qui clôt la période et permet aux endeuillés de reprendre une vie ordinaire.
La question des coûts
Il faut la poser franchement.
Les postes de dépense sont nombreux : conservation du corps, cercueil, tentes et chaises, sonorisation, nourriture et boissons pour des dizaines voire des centaines de personnes, tissus pour la famille, transport, contributions aux différentes cérémonies.
Le total dépasse fréquemment plusieurs années de revenus d un ménage moyen.
Les conséquences sont documentées : endettement, vente de biens, y compris de terres, scolarité d enfants interrompue, conflits familiaux sur la répartition des frais.
Pourquoi cette inflation
Plusieurs facteurs se combinent.
La pression sociale : des funérailles modestes exposent au jugement.
La concurrence entre familles, parfois entre branches d une même famille.
L allongement des délais de conservation, qui permet de grandes cérémonies mais coûte cher.
Et l existence d une véritable économie funéraire, avec des prestataires qui vivent de ces dépenses.
Ce que la tradition demande réellement
Il est utile de rappeler que la tradition n exige pas la ruine.
Ce qu elle demande, c est que le défunt soit accompagné selon les rites, que la famille soit présente, que la communauté soit informée, et que les obligations envers les alliés soient remplies.
Rien de tout cela ne suppose des sommes considérables. Les anciens le disent d ailleurs : mieux vaut nourrir un parent de son vivant que dépenser à ses funérailles.
Des pratiques qui évoluent
Des familles béninoises adoptent aujourd hui des approches plus mesurées.
Réduire les délais, ce qui diminue fortement les coûts de conservation.
Limiter le nombre de jours de cérémonie.
Annoncer clairement que la famille souhaite des funérailles sobres.
Organiser une caisse familiale ou une association d entraide funéraire, qui répartit la charge dans le temps.
Décider ensemble, à l avance, de ce qui sera fait.
Cette dernière mesure est la plus efficace : une personne qui exprime de son vivant le souhait de funérailles simples soulage sa famille du jugement social.
Protéger les vivants
Deux recommandations pratiques.
Ne pas vendre de terre ni contracter de dette lourde pour des funérailles. Ce que le défunt a construit ne doit pas disparaître pour son enterrement.
Veiller sur la veuve et les enfants, dont la situation se joue souvent dans les semaines qui suivent le décès. Les protéger est la meilleure manière d honorer le disparu.
Pour un accompagnement dans l organisation d obsèques : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
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