L'entrée dans l'âge adulte : rites et transmission
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Harmonie & Rituels

L'entrée dans l'âge adulte : rites et transmission

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

L'entrée dans l'âge adulte : rites et transmission

Le passage à l’âge adulte est l’un des seuils que les sociétés marquent le plus. Au Bénin, ces marquages existent encore, sous des formes variées, et leur affaiblissement pose une question réelle.

À quoi sert un rite de passage

Il fait ce que le temps seul ne fait pas : il change un statut, publiquement.

Avant le rite, la personne est traitée comme un enfant. Après, elle est traitée comme un adulte, avec les droits et les devoirs correspondants.

Cette reconnaissance publique est essentielle. Sans elle, on reste dans un flou où chacun décide de ce qu’il attend.

Les formes traditionnelles

Elles varient considérablement selon les régions, les groupes et les cultes.

Certaines passent par une initiation à un culte, avec une retraite en couvent. D’autres par des apprentissages transmis dans la famille. D’autres par des cérémonies collectives marquant une classe d’âge.

Ce qui est constant : une période de séparation, un apprentissage, et un retour reconnu.

Ce qui se transmet à ce moment

Les savoirs pratiques. Un métier, des techniques, des gestes.

Les règles. Ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, dans cette famille et dans cette communauté.

L’histoire. D’où l’on vient, ce qui est arrivé, ce qui est dû.

Les obligations. Ce que le nouveau statut implique.

Cette transmission est souvent plus importante que la cérémonie elle-même.

Ce qui a changé

L’école a pris une place centrale, avec son propre calendrier et ses propres seuils — examens, diplômes.

L’exode vers les villes a séparé les jeunes de ceux qui transmettaient.

Et l’âge adulte s’est décalé : on entre plus tard dans la vie active, on se marie plus tard, on reste dépendant plus longtemps.

Résultat : beaucoup de jeunes n’ont plus de seuil clair. Ils sont adultes selon la loi, enfants selon la famille, et incertains selon eux-mêmes.

Ce qu’on peut faire aujourd’hui

Sans reproduire des formes qui ne correspondent plus, on peut garder la fonction.

Marquer les seuils qui existent. La fin des études, le premier emploi, le départ du foyer. Réunir la famille, dire ce qui change.

Transmettre explicitement. Ce que la famille attend, ce qu’elle doit, ce qui est arrivé. Cela ne se transmet plus par osmose quand on ne vit plus ensemble.

Confier des responsabilités. Un jeune traité comme un enfant se comporte comme un enfant. Le statut se construit aussi par ce qu’on lui confie.

Ne pas laisser dans le flou. Dire clairement ce qui est attendu, et à partir de quand.

Les questions d’aujourd’hui

Faut-il faire initier son enfant ? C’est une question que beaucoup de familles se posent.

Ce que je réponds : une initiation engage à vie, avec des obligations réelles. Elle ne se décide pas à la légère, et elle demande le consentement de l’intéressé quand il est en âge de le donner.

Un jeune qui comprend ce à quoi il s’engage et qui le choisit tiendra. Un jeune contraint abandonnera, et l’abandon d’un engagement pris est plus problématique que le fait de ne pas l’avoir pris.

Ce que je conseille aux parents

Expliquez plutôt que d’imposer. Transmettez l’histoire avant les obligations. Marquez les passages, même simplement. Et confiez des responsabilités.

C’est ainsi qu’un jeune devient adulte — dans cette tradition comme partout ailleurs.

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