Vodoun & Culture
La vannerie et les objets du quotidien
Da Hyppolite GLÉLÉ
Paniers, nattes, éventails, séchoirs, nasses, chapeaux : la vannerie fournit une part importante des objets du quotidien béninois. C est un artisanat discret, rarement exposé dans les musées, et pourtant essentiel.
Les matériaux
Les vanniers utilisent ce que le milieu fournit : rotin, bambou, raphia, tiges de graminées, feuilles de palmier, fibres diverses.
Chaque matériau a ses propriétés : souplesse, résistance, durabilité en milieu humide, aptitude à être fendu ou tressé.
La récolte suit des règles : périodes favorables, parties de la plante à prélever, préparation par séchage, trempage ou fumage.
Ce savoir botanique est précis, et il conditionne la qualité du produit.
Les techniques
La vannerie regroupe des techniques distinctes : tressage, vannerie spiralée, croisée, cousue, assemblage de brins fendus.
Chaque objet appelle une technique adaptée à sa fonction : un panier de transport doit résister à la charge, une nasse doit laisser passer l eau, une natte doit être souple et plane.
Le travail est entièrement manuel, souvent réalisé pendant les temps disponibles entre les activités agricoles.
Les usages
La liste est longue et couvre presque toute la vie domestique.
Transport et stockage : paniers de marché, corbeilles, greniers.
Transformation alimentaire : cribles, tamis, séchoirs, plateaux de vannage.
Pêche : nasses et pièges.
Habitat : nattes de couchage, cloisons, toitures.
Vie sociale : éventails, chapeaux, objets de cérémonie.
Beaucoup de ces objets sont si présents qu on ne les remarque plus.
Une économie complémentaire
La vannerie constitue rarement une activité exclusive. Elle complète l agriculture, la pêche ou le commerce.
Elle a l avantage de demander peu d investissement : la matière première est locale et souvent gratuite, les outils sont minimes.
Elle fournit un revenu d appoint appréciable, notamment pour des femmes et des personnes âgées.
Les qualités écologiques
Il faut souligner ce que ces objets ont de remarquable dans le contexte actuel.
Matériaux renouvelables, produits localement. Fabrication sans énergie fossile. Objets réparables. Biodégradables en fin de vie.
Le panier de marché tressé remplace avantageusement le sac plastique, qui pose au Bénin comme ailleurs un problème de déchets considérable.
Plusieurs initiatives encouragent d ailleurs ce retour, en lien avec les politiques de réduction des plastiques.
Les difficultés
La concurrence du plastique reste forte : plus léger, moins cher, disponible partout.
La disponibilité de la matière première diminue dans certaines zones, du fait de la pression sur les végétations.
Et la valorisation est faible : un panier qui demande une journée de travail se vend souvent à un prix dérisoire.
Ce qui peut aider
Acheter des objets de vannerie pour l usage quotidien, pas seulement comme décoration.
Accepter de payer un prix correct.
Soutenir les groupements qui organisent la commercialisation.
Encourager la plantation et la gestion des végétaux utilisés, ce qui sécurise la ressource.
Un artisanat à regarder autrement
La vannerie ne bénéficie pas du prestige du bronze ou de la sculpture. Elle mérite pourtant autant d attention.
Elle témoigne d une intelligence pratique : utiliser ce qui pousse à proximité pour fabriquer exactement ce dont on a besoin, avec une élégance formelle qui vient de la fonction.
C est, à sa manière, une leçon de conception.
Pour découvrir l artisanat béninois : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
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