Jumeaux et Vodun : comprendre la place des Hoxo
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Harmonie & Rituels

Jumeaux et Vodun : comprendre la place des Hoxo

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Jumeaux et Vodun : comprendre la place des Hoxo

Le Bénin fait partie des régions du monde où les naissances gémellaires sont les plus fréquentes, et où elles occupent la place culturelle la plus forte. Les jumeaux — hoxo en fon — ne sont pas des enfants comme les autres dans la tradition.

Une gémellité fréquente

L’aire yoruba et fon, qui couvre le sud-ouest du Nigeria, le Bénin et une partie du Togo, présente des taux de naissances gémellaires parmi les plus élevés observés dans le monde.

Les explications avancées touchent à la génétique des populations et à des facteurs alimentaires. Quelle qu’en soit la cause, cette fréquence a nourri une culture entière autour des jumeaux.

Un statut particulier

Les jumeaux sont considérés comme porteurs de quelque chose de spécial : une force, une exigence, une proximité avec le monde invisible.

Cela se traduit par des égards, des règles, et des obligations pour les parents. Il y a des choses à faire, des choses à ne pas faire, des occasions à marquer.

Cette place est ambivalente : elle honore, mais elle impose aussi une charge réelle aux familles.

Les statuettes

C’est l’aspect le plus connu à l’étranger.

Quand un jumeau meurt — et la mortalité des jumeaux a longtemps été élevée —, une statuette peut être réalisée. Elle est ensuite traitée comme le jumeau survivant : lavée, habillée, portée.

Ces objets, appelés ibeji dans l’aire yoruba, sont devenus des pièces recherchées par les collectionneurs, et beaucoup ont quitté le continent.

Il faut savoir ce que l’on regarde : ce ne sont pas des sculptures décoratives, mais des objets liés à un enfant mort et à une famille en deuil.

Les pratiques courantes

Les familles de jumeaux observent des usages : certaines dates marquées, des offrandes, parfois une place dans la maison. Des mendicités rituelles existent aussi dans certaines régions, où les mères de jumeaux sollicitent des dons — une pratique qui s’inscrit dans un cadre précis.

Ces usages varient selon les régions et les lignées. Il n’y a pas de règle unique.

Ce qui relève de la santé

Un point important, parce qu’il est vital.

Les grossesses gémellaires présentent davantage de risques : prématurité, faible poids de naissance, complications à l’accouchement. Elles demandent un suivi médical renforcé et un accouchement en structure adaptée.

La forte mortalité des jumeaux observée historiquement s’explique largement par là. Le suivi médical moderne change considérablement la donne.

Ce qu’il faut éviter

Traiter un jumeau comme un être à part au détriment de sa vie ordinaire. Ce sont des enfants : ils vont à l’école, ils tombent malades, ils ont besoin des mêmes soins que les autres.

Faire peser sur des parents des obligations financières écrasantes. Certaines familles s’endettent pour des cérémonies. Ce n’est pas ce que la tradition demande : les offrandes traditionnelles sont proportionnées aux moyens.

Exploiter le statut. Des pratiques commerciales se sont greffées sur cette culture. Elles n’en relèvent pas.

Ce que cette culture montre

Une manière d’intégrer un événement biologique remarquable dans un ordre symbolique, et d’entourer des familles confrontées à une charge lourde.

C’est aussi l’un des ensembles culturels les plus riches du Bénin — statuaire, chants, rites — et l’un de ceux qui ont le plus voyagé, dans les musées comme dans les traditions de la diaspora.

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