Jeûne et abstinence dans les traditions béninoises
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Harmonie & Rituels

Jeûne et abstinence dans les traditions béninoises

Portrait de Da Hyppolite GLÉLÉ Da Hyppolite GLÉLÉ

Jeûne et abstinence dans les traditions béninoises

Les périodes d’abstinence font partie de nombreuses pratiques traditionnelles : avant une initiation, pendant une retraite, à l’approche d’une cérémonie. Voici ce qu’elles recouvrent et les précautions nécessaires.

Ce que recouvre l’abstinence

Elle ne se limite pas à la nourriture.

Elle peut porter sur un aliment précis, sur les rapports sexuels, sur la parole, sur certaines fréquentations, sur des lieux, sur des activités.

Elle est presque toujours temporaire et liée à un moment : une préparation, une retraite, un deuil, une période particulière du culte.

À quoi cela sert

Préparer. Se mettre dans l’état qui convient avant un moment important.

Marquer une séparation. Celui qui s’abstient est momentanément à part.

Éprouver. L’effort volontaire fait partie de la démarche.

Discipliner. S’abstenir de ce qui est accessible demande une constance, et cette constance est la pratique.

Les précautions, qui sont sérieuses

Il faut être précis, parce que ce domaine peut devenir dangereux.

L’eau. Une restriction hydrique est rapidement dangereuse, surtout sous le climat local. La déshydratation s’installe vite et elle peut être grave. Aucune pratique ne devrait imposer de ne pas boire pendant une période prolongée.

Le diabète. Une personne diabétique qui jeûne s’expose à des hypoglycémies graves. Cela demande impérativement un avis médical et un ajustement du traitement.

Les traitements. Un traitement se prend selon la prescription. Interrompre un antihypertenseur, un antiépileptique ou un antirétroviral pendant une retraite est dangereux.

La grossesse et l’allaitement. Le jeûne est déconseillé.

Les enfants. Un enfant ne doit pas jeûner.

Les personnes âgées et fragiles. La marge est étroite.

Ce qu’il faut faire

Si une période d’abstinence vous est indiquée et que vous avez une maladie chronique ou un traitement, parlez-en à votre médecin avant.

Cette démarche n’est pas un manque de respect envers la tradition : les responsables sérieux prévoient des aménagements, et ils préfèrent qu’on leur dise plutôt qu’on prenne un risque.

Et signalez à votre médecin ce que vous entreprenez : il pourra ajuster.

Les signaux d’alerte

Interrompez et consultez en cas de : vertiges, malaise, confusion, palpitations, urines très foncées ou absence d’urine, faiblesse importante.

Ces signes ne sont pas des épreuves à surmonter. Ce sont des symptômes.

Ce qui doit être refusé

Une abstinence imposée à une personne fragile sans aménagement.

Une abstinence prolongée sans encadrement.

Une abstinence qui empêche un traitement médical.

Et toute pratique où l’on vous dit que céder aurait des conséquences graves : la peur n’a pas sa place ici.

Ce que la tradition demande réellement

Une discipline proportionnée, tenue.

Les anciens le disaient : mieux vaut un engagement modeste et respecté qu’un engagement lourd abandonné en route. Cela vaut pour l’abstinence comme pour tout le reste.

Si vous ne pouvez pas tenir ce qui est demandé, dites-le avant plutôt qu’après. C’est ce que la tradition attend.

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