Harmonie & Rituels
Grossesse et accueil de l'enfant : le rôle des femmes de la famille
Da Hyppolite GLÉLÉ
Dans les familles béninoises, une femme enceinte n est pas seule. Mère, tantes, belles-sœurs, voisines l entourent, la conseillent, la relaient. Cet accompagnement collectif est l un des atouts les plus précieux de l organisation familiale traditionnelle.
Ce que l entourage apporte
Concrètement, beaucoup de choses.
Le soulagement des tâches. Puiser l eau, piler, porter, s occuper des aînés : ces travaux sont progressivement repris par d autres femmes de la maison.
L alimentation. On veille à ce que la femme enceinte mange, et souvent mieux qu à l ordinaire.
Le conseil. Des femmes qui ont accouché plusieurs fois transmettent leur expérience : positions, respiration, gestion de la douleur, allaitement.
La présence après l accouchement. C est peut-être le plus important. Pendant les premières semaines, la jeune mère est prise en charge : repos, repas préparés, aide pour le nouveau-né.
Cette organisation constitue un accompagnement du post-partum que beaucoup de sociétés industrialisées ont perdu, avec les conséquences que l on connaît sur l épuisement et la dépression des jeunes mères.
Les savoirs transmis
Certains sont précieux : reconnaissance des signes de travail, positions favorables, techniques d allaitement, portage, apaisement du nourrisson, soins du corps de la mère.
D autres relèvent de croyances sans fondement : interdits alimentaires arbitraires qui privent la femme de protéines, recommandations sur le sexe de l enfant, explications magiques de complications.
Il faut savoir trier, sans mépriser l ensemble.
Ce qui doit rester prioritaire
Le suivi médical de la grossesse est irremplaçable.
Consultations prénatales régulières, dépistages, supplémentation en fer et acide folique, prévention du paludisme, vaccination, préparation de l accouchement dans une structure de santé.
C est ce suivi qui a fait reculer la mortalité maternelle et néonatale au Bénin. L accompagnement familial le complète ; il ne le remplace pas.
Le rôle de l entourage peut d ailleurs être décisif ici : ce sont souvent les femmes de la famille qui accompagnent aux consultations et rappellent les rendez-vous.
Les signes qui doivent alerter
Toute femme enceinte et son entourage devraient les connaître.
Saignements. Maux de tête violents avec troubles de la vue. Gonflement rapide du visage et des mains. Fièvre. Douleurs abdominales fortes. Diminution des mouvements du bébé. Perte de liquide.
Devant l un de ces signes, on se rend immédiatement au centre de santé. Aucune consultation traditionnelle ne doit retarder cela.
La question des plantes
Elle est traitée en détail par ailleurs, mais le principe doit être rappelé.
Beaucoup de plantes traversent le placenta et peuvent affecter le fœtus. Certaines préparations traditionnelles destinées à faciliter le travail provoquent des contractions dangereuses.
La règle : parler à la sage-femme ou au médecin de tout ce que l on prend, sans crainte d être jugée.
La place du père
Un point d évolution souhaitable.
La tradition organise principalement l accompagnement entre femmes, ce qui laisse souvent le père à distance.
Or l implication du conjoint — présence aux consultations, participation aux tâches, soutien après la naissance — a des effets positifs mesurés sur la santé de la mère et de l enfant.
De plus en plus de couples béninois font ce choix, y compris dans des familles où ce n était pas l usage.
Le meilleur des deux
L organisation idéale combine ce que chaque système apporte de mieux.
Le suivi médical pour la sécurité. L entourage familial pour le soutien, le repos et la transmission. L implication du conjoint. Et les rites d accueil qui inscrivent l enfant dans sa lignée.
Pour un accompagnement familial : +229 01 96 79 86 95, contact@racines-vodoun.com.
Article informatif. Il ne remplace pas l avis d un professionnel de santé.
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